22
Oct
2012

#unbonjuif

Par Manu ·  Etiquette(s) : Twitter, France, Censure, Judaïsme

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Concours de blagues douteuses sur Twitter, autour du 10 octobre, quand le hashtag #unbonjuif devient populaire. Le site de microblogging reçoit alors de nombreuses vannes racistes, allant de "#unbonjuif est un radin" à "#unbonjuif est un juif mort" paraphrasant la célèbre phrase attribuée à tord à Custer.

Scandaleux pour certaines associations, ces messages doivent disparaître. L'UEJF et SOS Racisme décident de contacter Twitter pour qu'il supprime ces messages, mais semblent surpris de s'entendre dire qu'ils ne seront pas retirés sans décision d'un juge.

Le président de L'UEJF annonce dans une interview :

Pour eux, tout le monde peut répondre, débattre et échanger sur le réseau. Si la communauté juive est blessée, qu'elle crée elle aussi un hashtag pour rétorquer, nous ont-ils affirmé.

Jonathan Hayoun, président de l'Union des étudiants juifs

Je ne comprends pas bien ce qui est choquant dans "tout le monde peut débattre". Contre la connerie et le racisme, la solution est l'éducation, le dialogue et la critique, mais jamais la censure, qui ne fait que donner de l'importance aux propos débiles d'une poignée d'internautes, et cache le véritable racisme.

Bref, les messages sont supprimés et les associations françaises vont porter plainte contre les messages sous #unbonjuif et #unbonmusulman, tant qu'à faire.

Commentaires

1. le 22 octobre 2012 (17 h 07), par KG :

Ca coute rien d'essayer de demander la suppression directement sans passer par le juge :).
Au final tout s'est passé "normalement", ils ont refusé, passent par un juge qui demande la suppression des messages qui ne respectent pas la loi, et les auteurs seront recherchés.

Tout va bien dans le monde :).

Quant au "tout le monde peut débattre"... Je ne pense pas que twitter soit un lieu adapté pour le débat constructif (poser des arguments en 140 caractères, c'est moyen...) et en plus quand on en est à l'insulte, il n'y a plus grand chose à débattre. L'insulte, c'est le comme le point Godwin, on l'utilise quand on n'a pas d'argument.

Réponse de Manu

Bien dit.

2.Commentaire de l'auteur, le 22 octobre 2012 (17 h 57) :

« À présent, prenons les minorités dans notre civilisation, d'accord ? Plus la population est grande, plus les minorités sont nombreuses. N'allons surtout pas marcher sur les pieds des amis des chiens, amis des chats, docteurs, avocats, commerçants, patrons, mormons, baptistes, unitariens, Chinois de la seconde génération, Suédois, Italiens, Allemands, Texans, habitants de Brooklyn, Irlandais, natifs de l'Oregon ou de Mexico. Les personnages de tel livre, telle dramatique, telle série télévisée n'entretiennent aucune ressemblance intentionnelle avec des peintres, cartographes, mécaniciens existants. Plus vaste est le marché, Montag, moins vous tenez aux controverses, souvenez-vous de ça ! Souvenez-vous de toutes les minorités, aussi minimes soient-elles, qui doivent garder le nombril propre.

Auteurs pleins de pensées mauvaises, bloquez vos machines à écrire. Ils l'ont fait. Les magazines sont devenus un aimable salmigondis de tapioca à la vanille. Les livres, à en croire ces fichus snobs de critiques, n'étaient que de l'eau de vaisselle. Pas étonnant que les livres aient cessé de se vendre, disaient-ils. Mais le public, sachant ce qu'il voulait, tout à la joie de virevolter, a laissé survivre les bandes dessinées. Et les revues érotiques en trois dimensions, naturellement.

Et voilà, Montag. Tout ça n'est pas venu d'en haut. Il n'y a pas eu de décret, de déclaration, de censure au départ, non ! La technologie, l'exploitation de la masse, la pression des minorités, et le tour était joué, Dieu merci. Aujourd'hui, grâce à eux, vous pouvez vivre constamment dans le bonheur, vous avez le droit de lire des bandes dessinées, les bonnes vieilles confessions ou les revues économiques. »

Ray Bradbury, Fahrenheit 451, traduit par Jacques Chambon et Henri Robillot.

3.Commentaire de l'auteur, le 22 octobre 2012 (18 h 53) :

La communauté LGBT detourne un hashtag lancé au départ comme une blague homophobe, pour le transformer en hommage à la communauté homosexuelle. (le Nouvel Observateur)

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Manu